Coopératives d’Activités Éphémères

Au Québec, il existe depuis plus de 20 ans des Coopératives de Jeunes. Ces coopératives regroupent 10 à 15 jeunes le temps de vacances d’été pour créer ensemble et sous forme coopérative leurs jobs d’été. Ils proposent leurs services (jardinage, déménagements, second œuvre, etc.) dans leur bassin de vie auprès de particuliers, d’associations et d’entreprises.

Ce type de structure peu connu en France permet :

  • une découverte de la coopération
  • une formidable expérience pour des jeunes
  • une expérimentation de la prise de décision collective
  • une responsabilisation par l’acquisition de nouvelles compétences

 Accompagner des jeunes dans l’expérimentation d’un projet collectif !

Le réseau ITESS accompagne des groupes pour la mise en place de « Coopératives d’Activité Ephémères » sur un territoire donné selon les principes des Coopératives québécoises.

Il s’agit de Coopératives d’une dizaine de personnes, créées de manière ponctuelle, pour travailler ensemble.

Ils découvrent et mettent en œuvre une démarche entrepreneuriale coopérative temporaire avec :

  • Définition de l’offre de services et de produits, communication, devis, factures…

Ils décident aussi de leur organisation :

  • Modes de prise de décisions collégiales, élection d’un-e gérant-e, rôles définis ou tournants, etc.

Un équilibre entre Mutualisation Coopération et Autonomie !!

Déroulement des actions « coopératives éphémères » en 2014 et 2015

En 2014 et en 2015, le réseau ITESS a proposé à des jeunes (18-25 ans) de tester l’entrepreneuriat coopératif le temps de l’été.

Le réseau ITESS a initié et accompagné la création d’une coopérative éphémère en 2014 et de deux en 2015 : les PAS des libellules, Presttival et Innova’Coop.. En tout, ce sont 19 jeunes qui ont vécu cette expérience.

Dans chacun des trois groupes, cinq à huit jeunes qui ne se connaissaient pas au départ ont créé ensemble une activité économique, de l’étude de marché à la facturation. Ils proposaient des prestations aux entreprises, associations et collectivités des environs. Le but n’était pas de dégager un revenu élevé (le temps non facturé est par définition important en phase de création) mais d’acquérir des compétences, de gagner en confiance et de découvrir le monde économique sous l’angle de la création d’activité. logo presttival

En termes d’activité économique :

  • les coopérateurs ont obtenu 22 missions pour des entreprises, particuliers, collectivités, association…
  • les missions étaient variées (distribution de flyers, cours particuliers, conception de site Logo InnovaCoop FINAL HQ
    Internet, entretien d’espaces verts…)
  • le chiffre d’affaires allait de 1.500 à 2.000 euros HT par coopérative
  • le revenu pour chacun s’est élevé de 200 à 600 euros selon l’investissement de chacun dans le projet (la répartition a fait l’objet d’une décision au consensus dans chacun des groupes).

 

Groupe Coop Eph 2015 (1) (1)

Enseignements pour la suite

L’évaluation de ces deux éditions confirme que la création d’une activité économique collective est un excellent moyen pour prendre goût au travail coopératif et pour gagner en autonomie et en confiance en soi.

  • Bien accompagné, le groupe permet de faire ce qu’on n’aurait pas osé seul : les jeunes ont précisé qu’ils ont été capables de présenter et « vendre » une activité collective alors que seulement un ou deux l’auraient fait pour une activité individuelle. Ils ont aussi pris conscience que leurs compétences et personnalités complémentaires étaient un atout dans un projet commun.
  • La création d’activité permet de voir qu’on a sa place dans le monde économique même en tant que jeune plus ou moins diplômé, qu’on est compétent dans bien plus de domaines que sa formation, qu’on peut être autonome et se situer dans un rapport prestataire-client plutôt que salarié-employeur. C’est aussi un bon moyen de décloisonner vie associative, vie professionnelle, parcours d’étude…

Cette action a été très bien accueillie par quelques entreprises et collectivités. D’autres coopératives éphémères qui se formeraient dans les mêmes bassins de vie commenceraient avec des contacts de clients potentiels déjà sensibilisés à la démarche.

La période et la durée ne permettent pas de développer économiquement l’activité autant que souhaitable, et le temps de mobilisation est très long.

Nous envisageons donc maintenant de renouveler ces expériences :

  • hors été et sur un temps plus long
  • avec des coopérateurs plus disponibles,
  • en partenariat avec d’autres structures.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter cet article.